L'art à la cour de Bourgogne
Le mécénat de Philippe le hardi et Jean sans Peur et l'art en Bourgogne (1360 - 1420)
L’année 2004 sera l’occasion de célébrer à Dijon le sixième centenaire de la disparition de Philippe le Hardi, frère de Charles V, premier duc de Bourgogne de la maison de Valois (1342-1404). Cet anniversaire, ainsi que l’achèvement de la restauration du Puits de Moïse en juin 2003, invite à célébrer le mécénat des deux premiers ducs de Bourgogne, à revenir sur l’exceptionnelle personnalité artistique de Claus Sluter et à proposer une synthèse sur l’art en Bourgogne entre les années 1360-1420.
Une exposition d’envergure internationale est organisée par le musée des Beaux-Arts de Dijon et le Cleveland Museum of Art. Ce partenariat du musée des Beaux-Arts de Dijon avec ce musée américain s’impose en raison de la qualité de sa collection d’oeuvres médiévales françaises, qui comprend en particulier quatre pleurants des tombeaux des ducs de Bourgogne et un tableau provenant de la chartreuse de Champmol.
LE CONTENU DE L’EXPOSITION DE DIJON-CLEVELAND
Le prince des fleurs de lis et l’héritière du comté de Flandre
Une introduction documentaire permettra d’évoquer la personnalité et les goûts des trois frères de Philippe le Hardi, Charles V (+1380), Louis d’Anjou (+ 1384), et Jean de Berry (+1416) et de ses neveux Charles VI (+1422) et Louis d’Orléans (+ 1407), de mesurer les influences réciproques entre les différentes cours et l’importance du milieu artistique parisien.
Beaucoup d’artistes flamands étaient venus travailler à Paris au cours du XIVe siècle. Le mariage de Philippe le Hardi avec Marguerite de Flandre fut l’occasion d’intensifier ces contacts entre la France et les Pays Bas.
L’importance du milieu artistique flamand, travaillant en Flandre pour le comte Louis de Mâle, beau-père de Philippe le Hardi, puis pour ce dernier en Bourgogne, sera souligné, afin de replacer les oeuvres réalisées pour en Bourgogne dans ce contexte des échanges entre les cours princières de Flandre et de France.
Le mécénat de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur
L’exposition sera l’occasion de réunir les oeuvres qui peuvent être directement rattachées aux ducs Philippe le Hardi et Jean sans Peur et à leurs épouses. Autour des oeuvres de petites dimensions, manuscrits, peintures, orfèvrerie, illustrant leur goût pour la préciosité et le faste, on évoquera les résidences des ducs de Bourgogne, à Paris, en Bourgogne et dans leurs domaines septentrionaux, ainsi que leurs fondations pieuses.
La chartreuse de Champmol, foyer artistique des années 1400
Au premier plan se situera bien sûr la chartreuse de Champmol, qui est l'un des chantiers artistiques les plus prestigieux et les mieux documentés des années 1400. Malgré les destructions opérées avant et pendant la Révolution, les sculptures de Claus Sluter et de son atelier, les peintures de Jean de Beaumetz, Melchior Broederlam et Jean Malouel, sont conservées en assez grand nombre, sur place, au musée des Beaux-Arts de Dijon et dans bien des musées de par le monde. Elles s’imposent par leur exceptionnelle qualité. On tentera donc de rassembler à nouveau les chefs-d’oeuvre dispersés de Champmol.
L’art en Bourgogne de 1360 à 1420
On étudiera ensuite la commande artistique en Bourgogne, afin de voir comment les réalisations des ducs ont pu être un stimulant pour leur entourage, pour la noblesse, le clergé ou la bourgeoisie. On fera un état des connaissances actuelles sur la condition des artistes en Bourgogne, et on présentera un choix d’oeuvres évoquant leur production : l’école de sculpture qui prolonge l’oeuvre de Sluter, en particulier la personnalité de Claus de Werve ; et les peintures, dont très peu, malheureusement, nous sont parvenues.