| Les
influences
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On sait que Quarton connaissait dans sa jeunesse
l' enluminure parisienne et celle du Nord de la
France (On en trouve de nombreux exemples tant
dans sa peinture monumentale que dans les manuscrits
qui lui sont attribués (c' est le cas du
motif iconographique du purgatoire
du Couronnement de la Vierge, du trône
du retable Requin, des nuages
dorés du Calvaire Des Martins).
La représentation en profil de médaille
des chérubins bleus du couronnement est
fréquent dans l' enluminure du XIVè
(voir le portrait
de Jean le Bon du Louvre).
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On retrouve des éléments de l'
art de Quarton dans ce que l' on connait de l'
art du nord de la France au XVè siècle,
et notamment le motif ornemental de composition
que l' on retrouve dans toutes ses oeuvres, ou
encore les caractéristiques de ses visages
qui sont les mêmes que celles des sculptures
picardes de la même époque (Cela
est surtout manifeste dans la représentation
des sourcils, des yeux, des lèvres, et
du menton).
On retrouve chez Quarton et dans l' art picard
les mêmes bras "rectilignes" et
les mêmes longs doigts. Les types iconographiques
et faciaux sont très proches : la peinture
picarde est influencée par l' art flamand
mais simplifiée par une ligne plus graphique.
C' est ce qui explique la géométrisation
expressive du corps du Christ dans la Pietà
de Villeneuve.
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Le réalisme inauguré vers
1415/1420 par Robert Campin et Hubrecht Van Eyck va exercer
une énorme influence sur tous les artistes des
Pays-Bas et du nord de la France : c' est ainsi que l'
on retrouve dans le couronnement un fourmillement de détails
à la flamande (ci-dessous, à droite un détail
de l' image de gauche : les personnages qui sont représentés
le sont à une échelle microscopique !).
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A Avignon sont restées après le
départ des papes beaucoup d' oeuvres d'
art. Quarton vient du Nord, mais l' on pouvait
déjà ressentir dans les arts picturaux
du domaine royal des échos des nouveautés
italiennes depuis le XIVème siècle.
A Avignon, il y a d' authentiques peintures siennoises,
florentines et romaines. On retrouve l' influence
des visages variés de la fresque de Mattéo
Giovanetti du palais des papes dans les visages
que Quarton va peindre, notamment dans ceux du
couronnement.
Le petit Christ en croix du Couronnement
est inspiré de Simone Martini et de ses
disciples, dont il a vu les crucifixions dans
les oratoires privés des églises
et des prélats.
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Mais on
note une incontestable différence dans
le style : le sens du "pathos" italien
est absent de l' art de Quarton, et particulièrement
de son Christ dans la Pietà du Louvre.
Quarton n' a jamais eu l' occasion de se
rendre en Italie, comme on le voit dans la représentation
qu' il fait de Rome dans le couronnement de la
Vierge (ci-contre).
Mais il a pu voir à Avignon des oeuvres
italiennes contemporaines (Il y a pléthore
de banquiers et de marchands italiens à
Avignon à cette époque).
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Parmi les italiens d' Avignon dominaient
les florentins : la perspective du trône Requin
témoigne de la connaissance des récentes
conquêtes spatiales des peintres florentins (notamment
de la perspective centrale), bien que l' architecture
archaïsante du siège doive beaucoup à
l' enluminure parisienne.
La plus grande influence provient incontestablement de
Fra Angelico, plus respectueux de l' héritage gothique
que ses confrères, ce qui a du beaucoup plus attirer
l' attention de Quarton. Cette influence est manifeste
dans la Vierge
Cadard. |