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Le manuscrit aurait été
commandé par une dame de cour (ce qui explique
sa grande qualité), membre de la famille
de Bournan. On retrouve ses armes au bas de plusieurs
folios ( f. 71, 74, 77, 93v° et 120)
Cette famille devait avoir une assez grande influence
à cette époque, puisque Louis, Seigneur
du Coudray, en Anjou, était conseiller
de René d’Anjou lors de son séjour
en Provence entre 1440 et 1475.Cela expliquerait
la commande de livre d’heures à des
artistes provençaux plutôt qu’à
des artistes flamands.
Le manuscrit se compose des petites
heures de la vierge et de l'office des morts,
à l'usage de rome. Le calendrier, pour
sa part, suit le modèle parisien. On y
relève un certain nombre d'erreurs, ce
qui peut sembler étonnant pour un manuscrit
de luxe mais qui est en fait relativement courant
dans les productions provençales, même
les plus prestigieuses.
On distingue cinq mains, dont
quatre au moins étaient déjà
connues et attestées en provence. La première
est celle d'Enguerrand Quarton
La plus belle miniature est celle
du ‘David en prière’ (fol.
77), dont la reproduction figure ci-dessus. Son
attribution a Quarton est incontestable, eut égard
aux très grandes similitudes dans le style
avec les autres manuscrits qui lui sont attribués.
Il est intéressant de
la comparer à celle d’un autre ‘David
en prière’ attribuée elle
aussi à Enguerrand Quarton (ci dessus,
à droite). On y retrouve les mêmes
caractéristiques :
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- La même lumière
méridionale qui fait saillir les
volumes
- Le même manteau rouge, éclatant,
que sur le David du livre Morgan. L'opposition
entre le rouge du manteau et l'ocre du
vêtement n'est pas rare dans l'oeuvre
de Quarton.
- Le même rapport rouge/vert-bleu
également qui fait saillir la figure
- La même utilisation de couleurs
pures, inconnues en milieu flamand
- La même géométrisation
des formes (voir à ce sujet la
page consacrée au livre d’heures
Morgan)
- Les mêmes contours noirs qui délimitent
les volumes et en accentuent la monumentalité
- Les mêmes caractéristiques
faciales : visage individualisé,
nez long, barbe fournie et cheveux emmêlés.
- Mêmes plis marqués au coude
et mêmes mains jointes en prière
que pour le portrait de Jean
Cadard dans le retable du même
nom.
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La harpe des deux David est la
même, posée au sol de la même
manière et avec le même angle de
vue. On retrouve également les découpes
très saillantes des roches. Il est possible
que les bâtiments représentés
au fond fassent référence à
des édifices ayant réellement existé.
Comme sur le livre d'heures Morgan, Dieu le père
apparaît tout en haut à droite, avec
une différence cependant : alors que dans
le livre de New York, seule la main de Dieu apparaît,
ici c'est la figure complète du christ
qui est représentée.
On attribue à Quarton
une seconde miniature, qui est malheureusement
très abîmée. Il s'agit d'une
représentation de l'annonciation qui se
trouve au folio 19.
La ressemblance avec la miniature de la messe
de saint Grégoire des heures
de Boucicaut est frappante :
Comparaison entre la miniature
du livre d'heures de Boucicaut et celle
de Namur :
- Même agencement des figures dans
l'espace.
- Mêmes couleurs du décor de
l'église, dont les colonnettes sont
aussi fines que celles du trône Requin.
- Le carrelage est exactement le même.
- Pas d'échappée sur un paysage
à gauche dans le manuscrit de Namur,
mais il n'est pas exclu que cela ait été
le cas à l'origine : une substance
argentée recouvre la partie supérieure
sous les voûtes, recouvrant peut être
un paysage, ou remplaçant un paysage
prévu à l'origine.
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Comme on l’a vu pour les
autres manuscrits attribués à Quarton,
il y a une incontestable ‘base’ flamande
dans la manière développée
ici, mais il y a également quelque chose
de plus, et de nouveau pour l’époque
: ce que l’on a appelé ‘la
géométrisation provençale’,
et qui fera école dans le sud de l’Europe.
Les
autres collaborateurs du manuscrit
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