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Livre d’heures à l’usage de Rome
Provence, milieu du XVème siècle
Namur, Bibliothèque du Séminaire
ms. 83, 134 folios, 175x122 cm

Toutes les images du manuscrit sur le site de l'IRPA
Un grand merci à Dominique Vanwijnsberghe de l'IRPA et à l'abbé Daniel Chavée pour leur aide.

Le manuscrit aurait été commandé par une dame de cour (ce qui explique sa grande qualité), membre de la famille de Bournan. On retrouve ses armes au bas de plusieurs folios ( f. 71, 74, 77, 93v° et 120)
Cette famille devait avoir une assez grande influence à cette époque, puisque Louis, Seigneur du Coudray, en Anjou, était conseiller de René d’Anjou lors de son séjour en Provence entre 1440 et 1475.Cela expliquerait la commande de livre d’heures à des artistes provençaux plutôt qu’à des artistes flamands.

Le manuscrit se compose des petites heures de la vierge et de l'office des morts, à l'usage de rome. Le calendrier, pour sa part, suit le modèle parisien. On y relève un certain nombre d'erreurs, ce qui peut sembler étonnant pour un manuscrit de luxe mais qui est en fait relativement courant dans les productions provençales, même les plus prestigieuses.

On distingue cinq mains, dont quatre au moins étaient déjà connues et attestées en provence. La première est celle d'Enguerrand Quarton

La plus belle miniature est celle du ‘David en prière’ (fol. 77), dont la reproduction figure ci-dessus. Son attribution a Quarton est incontestable, eut égard aux très grandes similitudes dans le style avec les autres manuscrits qui lui sont attribués.

Il est intéressant de la comparer à celle d’un autre ‘David en prière’ attribuée elle aussi à Enguerrand Quarton (ci dessus, à droite). On y retrouve les mêmes caractéristiques :

- La même lumière méridionale qui fait saillir les volumes
- Le même manteau rouge, éclatant, que sur le David du livre Morgan. L'opposition entre le rouge du manteau et l'ocre du vêtement n'est pas rare dans l'oeuvre de Quarton.
- Le même rapport rouge/vert-bleu également qui fait saillir la figure
- La même utilisation de couleurs pures, inconnues en milieu flamand
- La même géométrisation des formes (voir à ce sujet la page consacrée au livre d’heures Morgan)
- Les mêmes contours noirs qui délimitent les volumes et en accentuent la monumentalité
- Les mêmes caractéristiques faciales : visage individualisé, nez long, barbe fournie et cheveux emmêlés.
- Mêmes plis marqués au coude et mêmes mains jointes en prière que pour le portrait de Jean Cadard dans le retable du même nom.

La harpe des deux David est la même, posée au sol de la même manière et avec le même angle de vue. On retrouve également les découpes très saillantes des roches. Il est possible que les bâtiments représentés au fond fassent référence à des édifices ayant réellement existé. Comme sur le livre d'heures Morgan, Dieu le père apparaît tout en haut à droite, avec une différence cependant : alors que dans le livre de New York, seule la main de Dieu apparaît, ici c'est la figure complète du christ qui est représentée.

On attribue à Quarton une seconde miniature, qui est malheureusement très abîmée. Il s'agit d'une représentation de l'annonciation qui se trouve au folio 19.
La ressemblance avec la miniature de la messe de saint Grégoire des heures de Boucicaut est frappante :

Comparaison entre la miniature du livre d'heures de Boucicaut et celle de Namur :

- Même agencement des figures dans l'espace.
- Mêmes couleurs du décor de l'église, dont les colonnettes sont aussi fines que celles du trône Requin.
- Le carrelage est exactement le même.
- Pas d'échappée sur un paysage à gauche dans le manuscrit de Namur, mais il n'est pas exclu que cela ait été le cas à l'origine : une substance argentée recouvre la partie supérieure sous les voûtes, recouvrant peut être un paysage, ou remplaçant un paysage prévu à l'origine.

Comme on l’a vu pour les autres manuscrits attribués à Quarton, il y a une incontestable ‘base’ flamande dans la manière développée ici, mais il y a également quelque chose de plus, et de nouveau pour l’époque : ce que l’on a appelé ‘la géométrisation provençale’, et qui fera école dans le sud de l’Europe.

Les autres collaborateurs du manuscrit

Le copyright de la totalité des reproductions des oeuvres d' Enguerrand Quarton présentes sur ce site appartient aux musées, bibliothèques et institutions qui en ont la charge.

© Virginie Clève - Novembre 2002 (V3) - Site ouvert depuis le 1er octobre 2000
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