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Retable Requin
1444-1445 Musée du Petit Palais, Avignon

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Le tableau représente une Vierge à l' enfant entourée de deux donateurs et présentée par leurs saints patrons saint Jacques et un saint-évêque (peut-être saint Maximin). Le fond, parsemé d' arabesques vertes, devait aussi comporter des motifs de brocards, qui étaient très sûrement argentés à la feuille (il en reste quelques traces, uniquement visibles à l' oeil nu). Le panneau est constitué de trois planches horizontales.


De larges plages de couche picturale sont reprises a trateggio.
Lors de la restauration, l' écusson d' une confrérie non identifiée a été supprimé, ainsi qu' un petit saint Jean-Baptiste de mauvaise qualité, tous deux postérieurs à la réalisation du retable.

On a aussi enlevé le surpeint qui cachait les donateurs.


Photo prise avant la restauration...

L' oeuvre a été découverte à la fin du XIXè siècle par le chanoine Requin , religieux humaniste et lettré qui a fait beaucoup pour la redécouverte des primitifs provençaux (et particulièrement pour Enguerrand Quarton). Requin l' a trouvée sans son cadre gothique et sans doute sans son superciel. On ne possède pas non plus la prédelle, celle-ci n' ayant peut-être jamais existé. Plusieurs éléments sont complexes ou amènent des interprétations multiples.

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C' est le cas notamment pour le tablier de l' enfant. Celui-ci possède des motifs brodés et une couronne d' épines entourant une curieuse croix que l' on peut interpréter comme une allusion à la descente de croix.

Sur le col, on trouve une autre croix, placée juste au dessus de l' autre et entourée d' une frise de calligraphies orientales.
La pomme est une allusion à Marie, la nouvelle Eve, qui a reçu le corps du Sauveur comme auparavant, la chair du fruit défendu.

Mais la pomme peut aussi représenter le fruit délicieux de la Vierge, formant ainsi par l' eucharistie un nouvel Adam.

Il doit également y avoir une explication symbolique dans le tablier déchiré, mais il ne nous a pas été possible de trouver d' éléments explicatifs quant à cet élément.

La symbolique est très discrète chez Quarton : elle prend place sur des éléments de détail qui ne sont pas toujours visibles à la première lecture.
Les deux saints de ce retable sont les seules figures de Quarton dont les vêtements à plis en tuyaux d' orgue ne tombent pas jusqu'au sol, à l' identique de l' Isaïe et du Jérémie des deux volets du retable de l' annonciation d'Aix de Barthélémy d' Eyck

Le personnage de droite est soit saint Maximin (saint patron d'Aix et de son diocèse), soit saint Agricol.

Au vu de sa ressemblance avec les traits du Jérémie du retable d' Aix (volet droit, Bruxelles, Musée Royal d' art ancien), ce pourrait être un portrait de René d' Anjou.


Saint Agricol ou saint Maximin


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Les donateurs semblent appartenir à la bourgeoisie locale. La coupe de cheveux et les vêtements du donateur, bien qu' ayant fait l' objet d' une profonde restauration, semblent conformes aux modèles venant de la cour du roi de France.

Quant à la coiffe portée par la donatrice, certainement une veuve parente du donateur, c' est peut-être un modèle provençal, mais nous n' en possédons aucune autre représentation. Charles Sterling la rapproche cependant de la coiffe d' une veuve représentée dans une annonciation de Jacques Iverny.
C' est incontestablement déjà une oeuvre provençale, même si c' est la première oeuvre réalisée par Quarton après son arrivée dans le sud.


Ce n' est pourtant pas l' oeuvre d' un débutant : la tentative de perspective est bien visible, même si elle n' est pas parfaitement maîtrisée et l' influence italienne est bien sensible dans la représentation du trône de la Vierge.
Pour Dominique Thiébaut, ce trône rose-framboise sur lequel la vierge est assise ressemble beaucoup à ceux que l'on retrouve dans les enluminures parisiennes du XIVè et doit beaucoup au maître de Boucicaut.

Le copyright de la totalité des reproductions des oeuvres d' Enguerrand Quarton présentes sur ce site appartient aux musées, bibliothèques et institutions qui en ont la charge.

© Virginie Clève - Novembre 2002 (V3) - Site ouvert depuis le 1er octobre 2000
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